VITRINE 17

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Odorat, mémoire olfactive (incluant les panneaux au centre), nez…

- Réflexions sur l’odorat :

« Cinq sens, que c’est peu… Encore nous quittent-ils, défaillants, l’âge venu. L’œil voilé éloigne de nous la splendeur terrestre, l’ouïe, la pauvre et grossière ouïe humaine, se détourne des sons de ce monde pour n’admettre plus que le murmure progressif, inévitable, d’une force ennemie qui fait le bruit d’une foule… Indifférente ou horripilée, la peau du vieillard ne sait plus mesurer, avant les contacts, l’importance des heurts épidermiques et les facultés d’analyse gustative, déséquilibrées, penchent vers le sucre, ou vers le poivre qui l’un et l’autre pénètrent de monotonie les perspectives gastronomiques. / Seul, respecté du temps, fier dans son aristocratie, incorruptible, l’odorat nous lie, jusqu’à la fin, à l’univers tangible et poétique, ennoblit le présent, ressuscite le passé. »
COLETTE, (Prisons et paradis, 1932)

« Sans la participation de l’odorat, il n’y a point de dégustation complète. »
Jean Anthelme BRILLAT-SAVARIN (1755 – 1826)

« Nos yeux, nos oreilles, notre odorat, notre goût différent, créent autant de vérités qu’il y a d’hommes sur la terre. »
Guy DE MAUPASSANT (1850-1893)

« L’odorat a mille fois plus de mémoire que tout autre sens, et chacun de nous, pour peu qu’il retrouve la réplique exacte d’une senteur du passé, revivra, fulgurant, un moment d’exception. »
Tonino BENACQUISTA, écrivain et scénariste. (Nos gloires secrètes, 2013)

« Tout mon génie est dans mes narines. »
Friedrich NIETZSCHE (1844-1900), (Ecce homo », 1908)

- Odorat et mémoire olfactive : les souvenirs parfumés du chanteur SYRANO…

Ton parfum (Album « Du goudron dans les plumes » – 2021)

« Dans ma mémoire, il y a l’odeur de mon vieil oreiller.
Il y a l’odeur du chocolat chaud et du pain grillé.
Il y a l’odeur de la soupe, du thé trop infusé,
Et celle de la pelouse fraîchement coupée.
Il y a l’odeur de la cantine, de la colle Cléopâtre,
Celle de la chambre bondée où on dormait à quatre.
L’odeur de la cave de l’immeuble où j’étais explorateur.
Il y a l’odeur du shampoing de mes sœurs.

Puis il y a ton parfum.
Pas celui qu’elles portent toutes.
Pas de marque, pas de flacon, pas de doute, non.
Chaque matin goutte à goutte.

Dans ma mémoire, il y a les senteurs des soirs d’été,
L’odeur de la pluie orageuse qui commence à tomber.
Des grillades dans les bois et des mauvaises viandes
Il y a l’odeur d’un terrain vague ou d’un sachet de lavande.
Il y a l’odeur de l’automne, il y a l’odeur de l’hiver,
L’odeur des jeux de société qui attendent sous la poussière,
L’odeur des sacs poubelles mêlée à celle de l’eau de javel.
Des clémentines et du savon à la cannelle. (…)
»

- Nez et poésie :

LE NEZ
Extrait de « Nez », ouvrage édité en 1990 à 2400 exemplaires par la société ROURE et signé, en première page, par Jean AMIC, ancien président des sociétés ROURE et GIVAUDAN, qui fût également directeur des équipes créatives. Texte de Daniel VIGNAT.

Sacré nez !
Nez aimé, adoré, admiré ou nez honni.
Nez qu’on a quand on a du nez.
Nez qu’on est quand on est né grand nez.
Nez qui confronte dans le nez à nez.
Nez gelé qui embrasse chaleureusement au pays des glaces.
Nez qui sent au sens de la connaissance par intuition :
– « Je le sens bien. » « Et moi je ne peux pas le sentir… »
Le pire : un nez qu’on ne peut pas sentir ;
Ni fait, ni à faire ce nez, mais à refaire.
Bien réfléchir avant de le redessiner.
Car ce sympathique nez est l’antre des terminaisons sympathiques.
A ne pas abîmer.
Plutôt dilater les narines pour de l’atmosphère et du cosmos,
capter les particules les plus fines
– souffle invisible qui nourrit cœurs et esprits. Nez sacré !

Mais pour commencer, simplement humer,
se promener, le nez au vent
respirer hardiment
– ou doucement
le parfum de mystère de l’air et de la terre.
Voir les odeurs les yeux fermés, odeurs droites ou spiralées,
danse des fragrances.
Forêts, montagnes et champs.
Midi de la France,
au petit matin, rose et rosée
et puis le soir, herbe coupée.
Essences pour nos sens, trésors pour le nez.
Sacré nez.

L’inspir se fait inspiration, l’expiration : l’expression.
L’homme des parfums respire et son grand nez qui s’émerveille
partage le plaisir secret des abeilles.

Sacré nez !

- Petite histoire des origines du déodorant parfumé…

La marque MUM crée en 1888 le premier déodorant-crème antibactérien de l’histoire. Puis, EVERDRY commercialisera en 1903 le premier déodorant anti transpirant. Ces produits ne rencontrent pas le succès escompté car se parfumer les aisselles est une gestuelle trop nouvelle pour les consommateurs et les formules de ces produits sont irritantes pour la peau autant qu’elles tachent les vêtements. En 1912 apparaît « Odorono », contraction de « Odor ? Oh no ! » qui révolutionne les publicités du genre par son style direct et un brin incisif pour marquer les esprits et créer le besoin. Les publicités vont progressivement, entre 1915 et 1960, mettre exclusivement en avant des femmes qui transpirent, sentent mauvais et à qui la publicité s’adresse directement ! Déjà à l’époque, la femme se devait d’être toujours parfaite, propre, fraîche et sentir bon en toutes occasions. Et la mauvaise odeur des aisselles masculines ? La publicité n’en parle pas : c’est bien connu, ça ne sent jamais mauvais, un homme ! Ce n’est qu’à partir des années 80, avec des marques comme TAHITI, MENNEN et AXE, que les déodorants masculins vont commencer à voir leurs ventes progresser, parce que la publicité ne parle pas aux hommes de leur transpiration, mais d’un produit dont le parfum peut les rendre plus virils, attirants et séduisants… Ah ! le marketing…

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