« Je n’oublierai jamais ma première rencontre avec les gorilles. J’entendis, je sentis avant de voir : le bruit d’abord, puis une puissante odeur musquée, une odeur de basse-cour et en même temps, une odeur presque humaine. »
Dian FOSSEY (1932-1985), Primatologue
« Ils m’ont dit que ma maison sentait le chien, et je leur ai demandé :
– Savez-vous ce que sent un chien ? Un chien sent la gratitude, la loyauté, la noblesse, l’affection, l’amour pur et inconditionnel. Et malgré tout ce qu’ils ont subi, ça ne sent pas la rancœur. Alors, je me sens chanceux que ma maison sente le chien. »
Patrick Swayze (1952-2009), acteur américain
Babar et Céleste : du livre au flacon…
En 1930, Cécile de Brunhoff invente l’histoire d’un petit éléphant pour raconter, le soir, au coucher, des histoires à ses deux enfants. Son mari, le peintre Jean de Brunhoff, met l’histoire en images : ainsi naît le premier album de « Babar » en 1931. Jean de Brunhoff disparait prématurément à l’âge de 37 ans. Son fils aîné, Laurent de Brunhoff, reprend ses dessins pour continuer à faire vivre le personnage inventé par ses parents. En 1994, la société Shao Ko commercialise les eaux de toilette qui sont présentées dans les vitrines du Musée des curiosités du parfum. Les flacons sont fermés par un bouchon en forme de couronne faisant écho au sacre de « Babar », qui devient « Roi des Célestins » à la fin du premier tome de l’histoire. Sur le flacon, une frise illustre une ronde d’éléphants qui se tiennent la queue en référence à une image très précise du livre qui explique que c’est ainsi que se déplacent les éléphants de la grande forêt, en famille…et dans la solidarité.
Le saviez-vous ?
L’éléphant est associé à la mémoire : on dit d’ailleurs « Avoir une mémoire d’éléphant » quand on arrive à se souvenir de tout ! On raconte qu’il représente la sagesse, la chance, la longévité, la prospérité et la protection, mais c’est surtout aussi le mammifère qui possède l’odorat le plus développé au monde : sa trompe sert à porter des objets, à les déplacer, mais elle lui permet aussi de sentir ! Grâce à elle, il peut notamment repérer des sources d’eau à près de 19 kilomètres de distance. Une étude scientifique récente de l’Université de Tokyo a révélé que le génome de l’éléphant d’Afrique contient près de 2000 gènes dédiés aux récepteurs olfactifs (5 fois plus de l’être humain !).
Le chien possède près de 220 millions de récepteurs olfactifs contre 5 millions en moyenne chez l’être humain. La palme revient aux chiens aux museaux allongés dont l’odorat, plus vif, leur permet aussi, lorsqu’ils sont entraînés, de sauver des personnes ensevelies, de détecter des explosifs, de la drogue, de retrouver la trace d’une personne disparue, d’identifier certaines maladies comme le cancer, d’alerter sur une crise d’épilepsie ou d’hypoglycémie à venir -en moyenne 15 minutes avant- ; ils sont également sensibles à l’odeur du stress de l’être humain, de la peur comme du bonheur.
Le chat n’est pas en reste puisque son odorat est quarante fois supérieur au nôtre ! Il peut détecter des odeurs totalement « invisibles » pour nous ! L’organe de Jacobson (vomeronasal), situé au plafond de sa bouche, lui permet de « goûter » les odeurs. Son « nez » lui permet de reconnaître ses « amis » ou « ennemis » : il frotte des joues, son front, ses coussinets contre un meuble ou contre vous pour y déposer son odeur et « baliser » son territoire ! En outre, un chat ne mange pas…ce qu’il ne sent pas…
Lorsqu’elle se sent menacée, la moufette tourne le dos à son ennemi, lève la queue et l’asperge d’un liquide jaune et huileux (composé de thiols soufrés qui sentent l’œuf pourri) dont l’odeur est horrible et qu’elle n’aime pas non plus ! Fabriquer cette sécrétion lui demande dix jours et beaucoup d’énergie, au point qu’elle ne s’en sert qu’en cas de danger extrême. Elle tente avant tout de décourager son agresseur en tapant des pattes, grognant et faisant le poirier ! Par son odorat très développé et sensible, s’il lui arrive d’en recevoir des éclaboussures, elle va éternuer, se frotter le visage dans la terre pour se nettoyer frénétiquement afin de s’en débarrasser !
Quel drôle de nez ! Le mandrill possède un nez tout rouge qui, chez les mâles et selon son intensité, détermine sa position hiérarchique au sein de son groupe d’individus. Plus il est vif, plus ce singe domine les autres, ce qui ne laisse pas les femelles indifférentes !
Même si elle passe la majorité du temps dans l’eau, la ponte et la naissance de la tortue marine s’effectuent sur terre. Son odorat est si important pour elle qu’il lui permet de retrouver, par exemple, sa plage de naissance en se remémorant entre autre la texture du sable qui l’a vu naitre. Malheureusement, son odorat contribue aussi à lui faire ingurgiter les films plastiques qui dérivent en mer. Si elle n’est pas attirée spécialement par l’odeur du plastique, elle l’est en revanche des algues et micro-organismes marins qui s’agglutinent dessus. Prise dans ce piège olfactif redoutable, la tortue ingurgite hélas le plastique qui la détruit…
L’escargot possède un odorat si aiguisé qu’il peut sentir une odeur associée à la nourriture qu’il recherche à 100 mètres ! Comme il est dépourvu de conduit auditif, il ne perçoit donc pas les sons. Et comme sa vue n’est pas extraordinaire non plus, ce sont ses petites tentacules inférieures (épithélium) qui lui permettent de sentir, de trouver de quoi manger et de retrouver ses congénères…
La taupe, aveugle, repère ses proies uniquement à l’aide de son odorat. Il est si développé qu’il lui permet d’analyser les molécules olfactives perçues par chacune de ses deux narines, distinctement l’une de l’autre ! Si une odeur envahit sa narine droite mais qu’une autre se présente dans sa narine gauche, la taupe est donc en mesure de toutes les sentir et de les différencier !