3ème parfum commercialisé par la pop star, ce parfum est un hommage au chanteur Freddie MERCURY (QUEEN) et à sa chanson « Killer Queen » qui évoque une femme puissante et captivante à laquelle la chanteuse voulait ressembler lorsqu’elle était adolescente. « Je me suis toujours identifiée à cette femme au point que j’ai donné le nom « Killer Queen » à ma propre société. J’ai aujourd’hui le sentiment d’être enfin devenue cette femme que Freddie a décrite dans sa chanson. »
Pour quelle raison le Musée des curiosités du parfum a-t-il positionné dans sa vitrine sur le thème de la musique les parfums de Johnny Hallyday et de Jimi Hendrix côte à côte ? C’est tout simplement parce que le 14 octobre 1966, à NANCY, Johnny Hallyday donnait un concert dans la salle du « Rio » qui se trouvait rue Saint-Dizier, un lieu qui a disparu dans un incendie en 1988, et que ce soir-là, un tout jeune musicien fraîchement débarqué dans notre pays pour y donner ses premières dates de concerts, faisait la première partie du « Taulier » avec son groupe « The Jimi Hendrix Experience » : Jimi Hendrix ! Johnny Hallyday l’avait « repéré » et lui avait fait cette proposition de faire sa première partie. Le passage de Jimi Hendrix à NANCY a marqué la 2ème date de concert française de l’artiste américain qui, ce soir-là – et les Nancéiens s’en souviennent encore – portait un pantalon rouge, a joué l’hymne américain…et a cassé trois guitares ! N’est pas « Voodoo child » qui veut…
Composé en 2004 par Annick Ménardo pour la maison Dior et sa collection de parfums exclusifs, la fragrance est très vite devenue le symbole olfactif « haut-de-gamme » de toute une génération de jeunes consommateurs qui s’est délibérément tournée ces dernières années vers les parfums puissants et connotés « luxe », souvent portés pour afficher volontairement une certaine réussite sociale avérée (ou rêvée). Vêtements coûteux de célèbres marques de standing, voitures somptueuses à profusion, montres et bijoux ostentatoires : on ne compte plus le nombre de clips musicaux dans les domaines du Rap et du Hip hop français mettant en scène le luxe « tapageur » et toute sa frénésie de surconsommation sans limites. Si le parfum n’y était pas encore totalement associé en tant qu’objet raffiné venant agrémenter cette « panoplie », depuis 2012, il en est désormais autrement. Si les préférences des stars de ces courants musicaux se portent aujourd’hui sur des parfums comme « Tuscan leather * » (Tom Ford) ou « Baccarat rouge 540 » (Maison Francis Kurkdjian) pour ne citer que ces exemples, il est un parfum qui a littéralement lancé ce nouvel attrait des consommateurs pour les parfums dits d’exception, c’est « Bois d’Argent ». La naissance de ce chypré boisé travaillé autour d’une note iris originale a tout de suite marqué des points chez les amateurs de beaux parfums : une forte identité, un nom attractif, une marque de couturier parfumeur célèbre dans le monde entier, un produit issu d’une collection « privée » pensé pour être sélectif et ne s’adresser (a priori) qu’à des personnes en quête de qualité et de chic « à la française » (comptez 295 Euros les 100 ML en moyenne). Tous les ingrédients étaient, dès le départ, au rendez-vous d’un futur grand succès commercial de la parfumerie élitiste. Et c’était sans compter sur l’adoubement de cette fragrance par la quasi-totalité des stars du Rap et Hip hop français, qui se sont approprié « Bois d’Argent » au point d’en faire un symbole statutaire fort en le citant dans leurs chansons à succès. D’Alonzo en 2012 dans « Bagarre », à Lacrim dans « Red Zone » (2015), en passant par Kaaris dans « 2 Bigos » (2016), Sofiane dans « Bois d’Argent » (2017), Sadek dans « Ça va aller » (2017) ou encore Fianso, Maes, Lartiste, Ninho et Jul : tous ont scandé le nom de la fragrance dans leurs textes. Depuis, le phénomène, propulsé par les réseaux sociaux, n’a fait que s’amplifier au point qu’il est devenu difficile de recenser avec exactitude toutes les chansons qui font référence à « Bois d’Argent », car elles seraient de l’ordre de la centaine ! « Bois d’Argent », succès oblige, est devenu en quelques années l’un des parfums exclusifs les plus portés au monde, mais aussi les plus copiés et contrefaits au grand drame de la marque Dior… pour laquelle il reste malgré tout l’une de ses meilleures ventes…
* porté aux USA par le chanteur Drake
Quel rapport peut-il y avoir entre le parfum d’un célèbre déodorant porté par les adolescentes américaines des années 90 et la plus emblématique chanson du groupe de musique grunge NIRVANA, « Smells like Teen spirit » ?
En 2017, Kurt COBAIN (1967-1994), chanteur et guitariste du groupe américain de musique grunge NIRVANA aurait eu 50 ans. Pour célébrer cet anniversaire, mais aussi la tragique disparition de l’artiste en 1994, la radio OUÏ FM lui a rendu hommage en faisant gagner aux auditeurs 100 posters d’un nouveau genre, imprimés et parfumés au « Teen spirit ». La radio a dévoilé sur ses ondes l’histoire surprenante qui se cache derrière l’écriture de la chanson « Smells like Teen spirit », devenue l’hymne interplanétaire de toute une génération. Sur les posters, un texte imprimé, accompagné de la photographie d’un déodorant, mentionne : « Tu es en 1990. Sur le mur, écrit au marqueur, « Kurt smells like Teen spirit ». Encore un coup de Kathleen, la meuf de ton batteur. La phrase t’inspire. Ça sent la rage, la révolte. Tu écris un morceau. Puis le temps passe. Un jour, tu apprends que Teen spirit, c’était le déo de ton ex. Un déo pour fille. Tu es Kurt Cobain et tu as écrit un morceau mythique qui sent la fleur… » (Ouï FM / « Le rock n’est pas qu’une musique » – Avril 2017)
Le Musée des curiosités du parfum vous explique tout :
Si les paroles de la chanson invitent les adolescents à s’affranchir des normes sociales, « Smells like Teen spirit », qu’on peut traduire par « Ça sent l’esprit d’ado » ou « Comme un parfum d’adolescence » mais aussi, en version plus trash, « Ça pue le jeune », fait directement référence au parfum, aux odeurs. Au début de l’année 1991, Kathleen Hanna, amie de Kurt Cobain, petite amie de Dave Grohl (batteur de Nirvana) et chanteuse du groupe Bikini kill, après avoir eu une discussion avec Cobain sur l’anarchisme et le punk rock, tague sur un mur, à la fin d’une soirée, une petite phrase à l’attention du leader de NIRVANA : « Kurt smells like Teen spirit ». Kurt Cobain, flatté, y voit une formule révolutionnaire et s’en inspire pour écrire sa chanson. Il apprendra en réalité plus tard que « Teen spirit » était surtout le nom du déodorant bon marché que portait sa petite amie de l’époque, la musicienne Tobi Vail, de laquelle il se séparera après 3 mois d’une courte relation. La chanson « Smells like Teen spirit », qui a été classée par le magazine ROLLING STONE à la 9ème place des 500 plus grandes chansons de tous les temps, sera à tout jamais associée au parfum floral d’un déodorant vendu à l’origine par Mennen, puis par Colgate-Palmolive à partir de 1992 et Kurt Cobain aura largement contribué à stimuler les ventes de ce déodorant…bien malgré lui…
Le parfum « Eau noire » appartient à la famille des parfums « Fougère ». Composé par un parfumeur suisse choisi par Claude François (qui s’est impliqué à ses côtés à toutes les étapes de la création), sa formule (1976) se compose de 26 ingrédients naturels (musc, rose, patchouli, géranium…). Claude François souhaitait que ce parfum lui rappelle son enfance en Egypte. « Eau Noire », dont le nom fait référence au Nil, est une fragrance qui a été commercialisée deux ans avant la disparition du chanteur. Distribuée à 50 000 exemplaires dans les grands magasins, les parfumeries, les drugstores et, à la demande de la star, dans les bureaux de tabac (pour que son public, principalement issu des classes populaires, puisse l’acheter facilement), elle a définitivement disparu des commerces à la fin des années 80. En 2018, la société de composition française MANE et Crafting Beauty ont collaboré pour recréer la formule de cette « Eau Noire » à l’occasion du 40e anniversaire de la disparition du chanteur et à la demande des propriétaires de l’ancienne demeure de l’artiste, transformée en musée, qui souhaitaient en commercialiser une déclinaison sous la forme d’une bougie parfumée. Le parfumeur Patricia CHOUX (Mane) a travaillé une formule à partir de trois échantillons du parfum original confiés par le « Musée Claude François » (site du Moulin de Dannemois / Essonne). 500 bougies collector, parfumées à l’« Eau noire » sont nées et se sont écoulées en un temps record sur le site du musée au prix de 45 Euros l’unité. Le retravail de la formule a été conséquent car, réglementation oblige, certaines matières premières ne pouvaient plus être utilisées comme en 1976, soit parce qu’elles sont devenues introuvables au fil des années, ou parce qu’elles ont été interdites car considérées comme pouvant déclencher des allergies. Pour que l’odeur de l’« Eau noire » puisse être reconstituée le plus fidèlement possible tout en respectant les nouvelles normes européennes, il a fallu recomposer la formule à l’aide de matières premières de synthèse. Pour l’anecdote, Claude François a toujours été sensible aux parfums. Si, comme beaucoup de stars qui commercialisent des fragrances en nom propre, il ne portait pas spécifiquement « sa » création, il aimait ne pas sentir comme tout le monde. Pour se créer une signature olfactive personnelle, il avait pris l’habitude, pendant de longues années, de mélanger à parts égales ses deux parfums préférés : « Shalimar » et « Jicky » de Guerlain. Quant à « Eau Noire », Claude François avait aussi fait déposer le nom commercial « Eau blonde » pour faire composer un parfum qui en aurait été une « version féminine », mais sa disparition prématurée ne lui a pas laissé le temps de concrétiser ce nouveau projet…
Les parfums commercialisés par le groupe RAMMSTEIN s’inspirent tous des chansons du groupe, au point d’en porter majoritairement le nom des titres. En outre, les membres de la formation de métal industriel berlinois ont demandé aux parfumeurs qui ont travaillé sur les formules (Alexandre ILLAN, Dominique & Michelle MOELLHAUSEN) d’y intégrer les odeurs si particulières dont ils parlent dans leurs chansons. Ainsi, « Gasolin » a été composé autour de notes essence, asphalte chaud, allumette brûlée, encre, cuir, mine de crayon, garage propre. « Benzin », travaillé autour de notes évoquant la fumée épaisse, est inspiré de la chanson du même nom (album « Rosenrot ») où Till LINDEMANN chante son obsession pour le carburant. « Waidmanns Heil » a été créé autour de notes « poudre à canon, sang, métal, fourrure animale et terre humide » en référence à la chanson qui porte le même nom et fait état d’une traque animale en forêt germanique. Quant à « Engel Dark », sous vos yeux, il est une déclinaison de la chanson « Engel » (1997) et a été composé en s’inspirant d’une phrase précise de la chanson : « Erst wenn die Wolken schlafen gehen – kann man uns am Himmel sehen » (” Ce n’est que lorsque les nuages s’endorment que l’on peut nous voir dans le ciel “), autour de notes « narcotiques, mystérieuses, sombres, lourdes et animales faisant référence à « la nuit, au mystère, au gothique, à la solitude céleste et à l’ange de l’ombre déchu du paradis » dont parle la chanson. A côté de cette fragrance, nous avons positionné en vitrine un CD collector du premier single musical de RAMMSTEIN, « Du riechst so gut » (« Tu sens si bon »), qui évoque l’obsession morbide d’un prédateur qui traque sa proie en se fiant à son odorat et qui, d’après le groupe, s’inspire directement de l’œuvre de Patrick Süskind, « Le parfum », l’un des livres favoris du chanteur Till Lindemann…
L’eau de parfum « Kraft gommé » est une fragrance conceptuelle née de la rencontre entre le parfumeur Marie Salamagne et l’artiste multidisciplinaire Woodkid (Yoann Lemoine), originaire de la région de Lyon. Distribué très ponctuellement en 2024 par l’intermédiaire de la Revue Nez, il traduit l’atmosphère brute et nostalgique des ateliers d’art de la jeunesse du musicien, au travers d’odeurs caractéristiques : papier kraft humidifié, colle d’amidon, bois de pin des chevalets, vernis et « gomme mie de pain ».
Le parfum « 3121 » de PRINCE (Prince Rogers Nelson / 1958-2016) a été volontairement commercialisé par la star le 07-07-2007 en partenariat avec la société Revelations Perfume and Cosmetics. S’il porte le nom d’un album de l’artiste sorti en 2006, on raconte qu’il a aussi la particularité d’avoir été vendu aux USA au prix de « 31.21 » Dollars lors de son lancement. La création (autour d’un accord bergamote / Gardénia) est l’œuvre d’Adriana MEDINA-BAEZ. Un flacon en forme de pierre précieuse, un parfum coloré en violet, un slogan marketing fort : « Purple Will Reign Again » (« Le violet régnera à nouveau »), font explicitement référence à la plus célèbre chanson de l’auteur-compositeur-interprète : « Purple Rain ». Si la production de cette fragrance est aujourd’hui complètement arrêtée, son lancement a été marqué par la générosité notoire de PRINCE : 7% des ventes durant les 24 premières heures de sa commercialisation dans les parfumeries ont symboliquement été reversées à 7 organisations caritatives. En Revanche, Revelations Perfume and Cosmetics avait contractuellement demandé à PRINCE de faire la promotion du parfum, ce que la star, qui avait au départ accepté, n’a finalement pas fait. En 2011, l’entreprise lui a réclamé plusieurs millions de dollars…pour non-respect de son contrat…
Une quinzaine de fragrances a été composée sous la marque « Céline Dion » (Licence Coty) depuis 2003. Le parfum que le Musée des curiosités du parfum présente dans ses vitrines, intitulé simplement « Céline Dion », est le premier de la gamme et s’est vendu à des millions d’exemplaires dans le monde entier. Pour l’anecdote, si Céline Dion porte le N°5 de Chanel et l’Eau d’Hadrien d’Annick Goutal, elle ne se parfume jamais sur scène et exige de ses musiciens, choristes et techniciens qu’ils ne le soient pas non plus, de peur que les odeurs trop fortes ou persistantes agressent ses cordes vocales et aient un impact sur ses voies respiratoires et la précision de son timbre de voix…
Le Musée des curiosités du parfum vous présente une carte postale des éditions « Bergeret », qui met en scène la chanson humoristique du XIXe siècle « Ton nez », écrite par le poète et chansonnier Maurice Boukay, pseudonyme de l’homme politique français Charles-Maurice Couyba (1866 – 1931). La musique originale a été composée par Paul Delmet et elle apparue pour la première fois en 1893 dans l’hebdomadaire Le Gil Blas illustré. Cette œuvre fait également partie des pièces emblématiques du répertoire des cabarets de Montmartre. En voici les paroles :
Ton Nez
I
Ton nez semble un petit gamin
Retroussé plus qu’il n’est d’usage,
Et narguant, le long du chemin,
Tous les amoureux au passage.
Ah ! De ton nez, de ton nez,
Tous les nez sont étonnés.
II
Quand il va sous les cieux, le soir,
De la Nuit déchirant les voiles,
La Lune à ton nez dit : Bonsoir !
Et ton nez dit : Zut ! Aux étoiles.
Ah I de ton nez, de ton nez,
Tous les nez sont étonnés.
III
Il palpite aux moindres frissons,
Et tend ses narines frileuses
Vers l’ivresse des floraisons
Et les parfums des nuits fiévreuses.
Ah ! De ton nez, de ton nez,
Tous les nez sont étonnés.
IV
Sur quel moule a-t-il été pris ?
Vient-il d’Espagne ou de Cocagne ?
C’est un article de Paris :
On fit son baptême au Champagne,
Ah ! De ton nez, de ton nez,
Tous les nez sont étonnés.
V
Boucher dessina son contour ;
L’Amour y mit ses ailes folles.
En l’honneur des nez d’alentour,
Beau nez, faites vos cabrioles !
Ah ! De ton nez, de ton nez,
Tous les nez sont étonnés.
Entends le printemps gazouiller
Je sais un hôtel familier
Où les amants vont effeuiller
La marguerite
Il est situé au bord de l’eau
On y loue barques et canots
Le samedi les calicots
S’y précipitent
Pour s’y régaler de beignets
De goujons frits, de vin bouché
De tarte aux pommes et de poulets
De mirabelles
On ne saurait être ailleurs
Il fait rêver les plus railleurs
Car les baisers sont bien meilleurs
Sous les tonnelles
Refrain:
Ça sent la nature
Ça sent la verdure
Et les doux aveux
Ça sent la rivière
Ça sent la poussière
Ça sent le ciel bleu
Ça sent l’odeur de blonds cheveux
Des yeux rieurs
Des lèvres pures
Ça sent le printemps langoureux
Et la friture
Nous irons veux-tu mon amour
Quand tu voudras à notre tour
Dans cet hôtel passer huit jours
Pour faire un songe
Tu croiras avoir dix-sept ans
Que tu as peur de ta maman
Que je suis ton premier amant
Tendre mensonge
Et moi je croirais que tu es
Celle que jadis j’attendais
Lorsqu’adolescent je rêvais
De choses folles
Dans la nuit je te conduirai
Et le parfum de la forêt
Soudain nous fera chavirer
Sur l’herbe molle…