« L’Art sauvera le monde. »
Fiodor DOSTOÏEVSKI (1821 – 1881)
« L’art est la présence dans la vie de ce qui devrait appartenir à la mort ; le musée est le seul lieu du monde qui échappe à la mort.
(…) L’art, c’est le plus court chemin de l’homme à l’homme. »
André MALRAUX (1901 – 1976)
(Extraits choisis de « Ma philosophie de A à B et vice-versa » – Flammarion, 1977)
« Je change sans arrêt de parfum. Si j’en ai porté un pendant trois mois, je me force à l’abandonner, même si j’ai envie de continuer à le porter. Ainsi, à chaque fois que je le sens, il me rappelle ces trois mois. Je ne le réutilise plus jamais : il rentre dans ma collection permanente d’odeurs. »
« On m’a déjà dit que plus la peau est claire, plus on devrait utiliser un parfum léger. Et vice-versa. Mais je ne peux pas me limiter à une seule catégorie. D’ailleurs, je suis sûr que les hormones sont pour quelque chose dans la manière dont un parfum sent sur votre peau – je suis sûr que certaines hormones peuvent rendre le Chanel N°5 dégueulasse. »
« Je ne suis pas vraiment snob en ce qui concerne les bouteilles où l’on met de l’Eau de Cologne, mais une jolie présentation m’impressionne. On éprouve un sentiment de confiance en prenant une bouteille bien conçue. »
« Il m’arrive pendant les soirées de m’esquiver dans la salle de bain pour voir quelles Eaux de Cologne ils ont. Je ne regarde jamais rien d’autre – je ne fouine pas – mais je meurs d’envie de voir s’ils n’ont pas quelque obscur parfum que je n’ai pas encore essayé, ou un bon vieux favori que je n’ai pas respiré depuis longtemps. Si je trouve quelque chose d’intéressant, je ne peux pas m’empêcher de m’en parfumer. Mais je passe le reste de la soirée dans un état paranoïde à l’idée que l’hôte ou l’hôtesse pourrait surprendre une bouffée et remarquer que je dégage une odeur qui lui est familière. »
« Des cinq sens, c’est l’odorat qui se rapproche le plus de la pleine commande du passé. L’odeur peut réellement vous transporter. La vue, l’ouïe, le toucher et le goût ne sont vraiment pas aussi puissants que l’odorat si vous voulez ramener un instant votre être entier quelque part en arrière. Je n’en n’ai généralement pas envie mais, en bloquant les odeurs dans des bouteilles, je peux garder le contrôle et ne sentir que les odeurs que je veux, quand je veux, pour évoquer les souvenirs qui conviennent à mon humeur. Juste une seconde. »
« Je raffole des publicités pour le parfum que je trouve dans les magazines de mode des années 30 et 40. J’essaie, d’après leurs noms, d’imaginer leurs odeurs et je deviens fou tellement j’ai envie de les sentir : (…) Sous le vent de Guerlain ; A bientôt, Shanghai de Lenthéric ; Tzigane, Possession de Corday ; Imprudence de Worth… »
« Ce qu’il y a de bien avec la mémoire des odeurs, c’est que le sentiment d’être transporté s’arrête dès l’instant où vous cessez de sentir, et qu’il n’y a donc pas d’effets secondaires. C’est une manière propre et nette de se souvenir. »
D HARDY / Christian AUDIGIER
Aux côtés des flacons évoquant la peinture, la sculpture et, plus généralement l’art incluant le dessin, nous ne pouvions pas ne pas évoquer également dans les vitrines du Musée des curiosités du parfum les fragrances associées au tatouage. D’après l’enquête menée entre 2024 et 2025 par l’IFOP, 20 % de français seraient tatoués, soit près d’un adulte sur cinq. Quelques marques associées à l’univers du tatouage ont commercialisé des parfums, parfois très ponctuellement, espérant toucher les plus de 10 millions de personnes concernées par le sujet. Parmi elles, la marque de mode streetwear ED HARDY, popularisée dans les années 2000 par le créateur de mode français Christian AUDIGIER (1958-2015), qui a développé une ligne de parfums sous licence pour prolonger son univers visuel dont l’inspiration reprend les dessins et motifs colorés (têtes de mort, tigres, dragons, cœurs) du célèbre tatoueur californien Don Ed Hardy. Deux exemplaires sont présentés sous vos yeux et près d’une vingtaine de parfums au total ont été créés par la marque, en collaboration avec les parfumeurs Caroline SABAS, Olivier GILLOTIN, Calice BECKER entre 2008 et 2014.
Zombie Boy
Objet médiatique rare et insolite, le flacon de parfum « Zombie Boy » n’a connu aucune distribution commerciale. Il a été édité en série ultra-limitée (entre 250 et 500 exemplaires) pour accompagner le lancement mondial de la campagne publicitaire « Go Beyond The Cover » de la marque Dermablend Professional, qui, en 2011, souhaitait promouvoir l’efficacité de ses produits de maquillage couvrants. Il n’a été offert qu’à une poignée de journalistes internationaux de la presse mode/Beauté. Son originalité vient du fait qu’il met en scène le mannequin Rick GENEST (1985-2018), dit Zombie Boy, égérie haute couture Thierry Mugler -ayant également tourné dans le clip vidéo « Born This Way » de Lady Gaga- célèbre pour ses tatouages de squelette sur le corps et le visage. Dermablend Professional l’a choisi pour promouvoir son fond de teint correcteur extrême et, pour les besoins du tournage d’une vidéo promotionnelle (nécessitant 72 caméras haute résolution pour scanner le corps du mannequin en photogrammétrie 3D), lui a ponctuellement recouvert de fond de teint sa peau tatouée. La vidéo a fait un immense buzz, illustrant l’ère des campagnes publicitaires « virales » sur internet avec plusieurs dizaines de millions de vues en quelques jours. Cet objet très caractéristique de la culture populaire des années 2010 fait écho à l’univers artistique du tatouage mais aussi à la statue de Zombie Boy réalisée par le sculpteur britannique Marc QUINN, intitulée « Self-Conscious Boy », exposée de manière permanente au Science Museum de Londres dans ses galeries dédiées à la médecine…et à la perception du corps humain…