VITRINE 4

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De l’Empire à la fin du XIXe siècle

- L’Eau de Cologne de Jean Marie FARINA

C’est en Allemagne, à Cologne, qu’a débuté il y a plus de 300 ans l’histoire de l’Eau de Cologne. On doit son invention en 1709 au parfumeur italien installé en Allemagne Johann Maria Farina. Une combinaison d’agrumes, dont de l’essence de bergamote, associée à de l’alcool pur : Farina baptise sa création « Eau de Cologne » pour rendre hommage à sa ville d’adoption. 

Ce dénominatif deviendra plus tard celui d’un genre de parfum qui marquera le début de l’ère de la parfumerie moderne. L’Eau de Cologne conquiert les cours royales européennes. Napoléon en devient un grand consommateur au point que son épouse, L’impératrice Joséphine demande à Farina de concevoir un flacon qui permettrait à son époux de l’emporter avec lui durant ses campagnes militaires. Farina imagine alors le « Rouleau de L’Empereur », un flacon exclusif de forme cylindrique allongée, dont la forme oblongue était calculée au millimètre près pour que Napoléon puisse le glisser à la verticale dans ses bottes de cavalier !

- Eau de Cologne Napoléon à Sainte-Hélène

Napoléon 1er accordait une grande importance à l’eau de Cologne avec laquelle il se frictionnait régulièrement le corps. Mais pas n’importe laquelle : celle de FARINA uniquement, qui deviendra son fournisseur officiel. 

Certains récits racontent que l’empereur utilisait plus d’une soixantaine de flacons par mois pour son hygiène personnelle et une facture conservée aux Archives Nationales mentionne l’achat de 72 flacons pour le seul mois d’octobre 1808.

En 1815, contraint à l’exil sur l’île de Sainte Hélène, Napoléon, privé de son eau de Cologne fétiche, demande à son fidèle serviteur et second valet de chambre, Louis-Etienne SAINT-DENIS (1788-1856), dit « Mamelouk Ali », de lui confectionner pour sa toilette quotidienne une eau de Cologne « de substitution » au plus proche de celle de FARINA et en fonction des matières premières et plantes présentes sur l’île. Le Mamelouk Ali s’exécute et, artisanalement, parvient à composer pour l’Empereur une Cologne à base d’essences naturelles contenues dans l’écorce d’agrumes (citron, bergamote…) et ajoute à la formule du romarin et du clou de girofle, pour un résultat bluffant de fraîcheur, de légèreté et de subtilité. Pendant six ans, elle deviendra l’alliée de l’empereur et jusqu’à son dernier souffle. 

A son retour de Sainte-Hélène, Louis-Etienne SAINT-DENIS, qui s’établit à Sens, rédige plusieurs manuscrits. Tous, dont ses mémoires, seront vendus aux enchères à Versailles en 1991 et acquis par la bibliothèque de la ville ainsi que par plusieurs collectionneurs, dont Maitre DAMIEN, membre de l’Institut de France, qui, entre le contrat de mariage de Louis-Etienne SAINT-DENIS et ses dessins de Sainte-Hélène, y a retrouvé…la formule de l’eau de Cologne composée pour Napoléon ! Confiée au Président de la Chambre de Commerce de Versailles, elle a également été transmise à Jean KERLÉO, parfumeur créateur et fondateur de l’Osmothèque de Versailles, conservatoire international des parfums, afin d’y être recomposée fidèlement pour permettre au public de découvrir « le seul souvenir olfactif que l’on puisse avoir conservé de l’Empereur ». Cette eau de Cologne, dont l’authenticité est garantie par l’Osmothèque, est aujourd’hui fabriquée artisanalement en France, à FOURAS, par une famille de passionnés qui a su en conserver toute l’histoire et préserver sa formule d’origine, inchangée. Nous sommes heureux de vous présenter cette Cologne historique dans les vitrines du Musée des curiosités du parfum et de vous la proposer à la vente dans la boutique du musée.

- Papier d’Arménie

Lorsque le chimiste Auguste Ponsot et le pharmacien Henri Rivier inventent leur « Papier d’Arménie » à Montrouge en 1885, ils sont confrontés à un problème technique majeur : le papier buvard imbibé de résine de benjoin prend feu beaucoup trop vite et dégage une odeur de brûlé désagréable au lieu de diffuser le parfum duquel il est imbibé. Pour réussir à faire consumer la lamelle très lentement et sans flamme, Henri Rivier trouve une astuce : plonger au préalable le papier buvard dans un bain d’eau salée (une solution de nitrate de potassium) qui va agir comme un retardateur de combustion, permettant à la languette de se consumer à petit feu tout en étant pliée en accordéon.


Les vagues épidémiques de choléra qui frappèrent jadis la population offrirent un formidable tremplin publicitaire au « Papier d’Arménie », présenté par la marque comme étant un produit salvateur, venant à bout des miasmes, détruisant les germes pathogènes de nombreuses maladies et assainissant l’atmosphère tout en lui conférant un parfum des plus agréables. Ces spécificités revendiquées assurèrent au « Papier d’Arménie » un immense succès lors des Expositions Universelles de 1889 et 1900 où plusieurs distinctions lui furent décernées. Son parfum très caractéristique est ancré dans nos mémoires. Plus de deux millions d’exemplaires de ces carnets se vendent chaque année dans le monde entier ! Même Serge Gainsbourg a mentionné le « Papier d’Arménie » dans sa chanson « Les P’tits Papiers » :

« Laissez brûler les p’tits papiers
Papier de riz
Ou d’Arménie […]
»

- Rêve d’Or / L.T. PIVER

« Rêve d’Or » a été créé pour l’Exposition Universelle de 1889, la même année que la Tour Eiffel !
Son flacon a pris l’aspect, en 1925, d’une œuvre Art déco dessinée par les célèbres designers Süe et Mare.
Le parfum est né en 1889, en pleine vague orientaliste. « Lors de son lancement, Rêve d’Or incarnait la vision occidentale d’un Orient rêvé, opulent et généreux. Le monde onirique de Rêve d’Or explore les fantasmes de fortune, de chance, de succès et d’opulence. Un parfum conçu pour briller intensément et témoigner de l’accomplissement de ses rêves. » (PIVER.COM)

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